SUD TELEPERFORMANCE FRANCE
LA FAIM ne les tenaille pas encore. "De toute façon, elle ne nous effraie pas", assure Nathalie, 37 ans, Au deuxième étage du site de Teleperformance, à Montigny, la
téléopérattice pianote sur son ordinateur en conseillant les clients de France Telecom. Au bout du fil, derrière sa voix chaleureuse, difficile d'imaginer le panneau qu'elle arbore sur son pull
Gréve de la faim. Comme elle, depuis hier, six autres salariés de l'entreprise, numéro un des centres d'appel en France, ont décidé de ne plus s'alimenter. Une décision prise pour protester
contre le plan social, gelé par la justice, qui prévoit 157 licenciements, la fermeture de 3 sites (Montigny-le-Bretonneux, Pantin en Seine-Saint-Denis et Paris XVe) et le déménagement de 318
employés franciliens vers le Loiret. En attendant le verdict du tribunal de grande instance de Paris, mardi prochain, les salariés ont multiplié les manifestations et les opérations coup de
poing."On nous traite comme du bétail numéroté"
Depuis l'annonce de ce plan de restructuration, en juin dernier, la situation n'a fait que se dégrader entre les salariés et la direction de l'entreprise. "On nous traite comme du bétail numéroté. J'ai des collègues au bord du suicide... On ne va pas les laisser nous virer dans ces conditions" soupire Nathalie, 37 ans. Colère et lassitude se mêlent dans sa voix quand elle raconte les sanctions prises contre les grévistes et le désespoir de certains collègues. Yann, 22 ans, lui aussi en grève de la faim, hoche la tête "Nous sommes prêts à aller jusqu'au bout". De son côté, la direction indique qu' "aucune négociation ne pourra être menée à son terme sous la pression d'une minorité de salariés prêts à bloquer tout dialogue social". La direction a proposé aux grévistes de la faim la médiation d'un pschologue, solution rejetée par les intéressés. Aujourd'hui, en début d'après-midi, le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Harnon, va se rendre sur place.
(Source Ava Djamshidi / Le Parisien)
Jeu 26 nov 2009
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