SUD TELEPERFORMANCE FRANCE



(Source Le Parisien)

Près de deux cents salariés de Pantin, de Montigny-le-Bretonneux dans les Yve­lines et même de Reims dans la Marne ont manifesté, hier matin, rue Firmin, dans le XVe arrondissement à Paris. Et scandé des slo­gans hostiles sous les fenêtres de leur direction, la société Téléperformance, sous-traitant pour le service clientèle de France Télécom et Orange principalement « Après être rachetés, on est licenciés », déplore un leader syndical de la CFTC, un micro à la main. En cause : l'an­nonce par la direction de la fermeture des sites de Pantin et de Montigny-le-Bretonneux, la suppression de 157 postes dans l'encadrement et le reclassement tle 318 autres employés franciliens du groupe à Villeneuve-d'Ascq dans le Nord et à Orléans dans le Loiret.

PARIS, XVe, RUE FIRMIN-GILLOT, HIER MATIN.

Les salariés de Téléperformance sont allés manifester devant le siège de leur société. (LP/M -P B )



« Un plan social déguisé »

Ce débrayage voté par l'ensemble des syndi­cats du groupe était organisé au moment où se tenait un comité d'entreprise avec à l'ordre du jour la restructuration de la société. Celle-ci a doublé ses effectifs en cinq ans dans toute la France, passant de 4 000 à 8 000 salariés, mais a réduit sur la même période ses employés en région parisienne, les faisant passer de 2 300 à 900 salariés. « Nous refusons la fermeture du site de Pantin et encore davantage les reclasse­ments proposés dans le Nord qui ne sont qu'un plan social déguisé », explique Eric Duffaut, dé­légué de SUD, salarié à Pantin.

Sur les portes vitrées de l'entrée du groupe, le syndicat SUD a placardé des pancartes qui ca­ricaturent la direction. « Guyot patron voyou! » s'égosille un délégué. « Nous ne sommes pas des salariés jetables et déployables à merci », s'insurge une opératrice CFTC qui gère les ap­pels commerciaux. Elle gagne 1 200 € net par mois. « Stop au reclassement ! J'ai des collè­gues qui en cinq ans ont commencé à Mon­treuil, ont été transféré à Pantin pour finir àGuyancourt dans les Yvelines. Quant à moi, j'effectue tous les jours trois heures de trajet pour aller travailler », explique Sonia Porot, dé­légué CGT à Montigny.

C'est en partie ces situations qui poussent la direction à délocaliser en province et ailleurs. « Le bassin d'emploi est meilleur. Il y a davan­tage de candidats. Les salariés vivent près de leur lieu de travail. Les coûts des bureaux sont moins élevés. Du coup, on investit davantage dans les outils de travail », explique Jean-Fran­çois Guyot « Nos clients travaillent désormais exclusivement avec des prestataires en région », précise encore le patron de Téléperformance qui envisage également de s'installer au Maroc.

MARIE-PIERRE BOLOGNA


Jeu 9 jui 2009 Aucun commentaire