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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 05:20
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Le 3 février 2009

Rappel historique des faits

Depuis le début du conflit initié par la direction le 16 juin dernier, le syndicat SUD a mis en avant l’existence de propositions alternatives crédibles à un plan qui programme une complète « destruction des activités » en Ile de France, un plan dont Teleperformance n’a pas été capable de donner des justifications économiques précises et argumentées.
Leur projet ne garantit même pas le maintien des activités et des emplois dans les centres restants de Guyancourt, Orléans ou Villeneuve d’Ascq !

Des propositions ont été transmises par SUD
– et formalisées dans le cadre des négociations initiées en novembre - des propositions que la direction n’a jamais souhaité discuter sérieusement, préférant tout faire pour faire passer en force un plan absurde et probablement illégal.

Vous pouvez consulter et télécharger les propositions de SUD face au PSE (au format PDF)
Position-Sud-Nego-PSE-TP-CE-04-12-2009 Position-Sud-Nego-PSE-TP-CE-04-12-2009

Pendant tout l’été, face à l’Intersyndicale unanime qui demandait des négociations, la Direction les a toujours refusées, indiquant que « la Loi ne nous l’oblige pas, il suffit de discuter aux CCE et au CE ».

Le 22 septembre pourtant, une décision de Justice suspendait l’ensemble du projet : la direction (avec cette mauvaise foi dont elle a le secret) avait considéré - à tort - que le déplacement de 800 salariés, la fermeture de 3 centres, et le « redéploiement des activités » sur 3 autres centres… n’auraient aucun impact sur les conditions de travail.
Pour un projet d’une telle importance, Teleperformance était dans l’obligation d’informer et de consulter les CHSCT (Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conitions de Travail) et ils ne l’ont volontairement pas fait, malgré la demande effectuée dès la première réunion le 25 juin.

Leur mépris pour les salariés n’a en effet d’égal que le mépris qu’ils témoignent à l’égard des élus, ces représentants qui sont là pour veiller à ce que nous soyons traités avec un minimum de dignité.

Alors que le Comité d’Etablissement de Teleperformance Centre-Est n’avait pas émis d’avis sur le projet, la direction a envoyé début septembre – au mépris du bon sens et de la Loi - ses lettres de mutation en province à 318 salariés.
Le chantage : tu acceptes de quitter la région parisienne pour aller à Orléans ou Villeneuve d’Ascq … ou alors c’est la porte !

Bien sûr, les salariés n’ont pas manqué de réagir en s’organisant en collectifs indépendants des syndicats, à multiplier les actions pour faire connaître leur situation au grand-public, aux donneurs d’ordre et aux pouvoirs publics.
Déjà, ils se demandaient ce qu’ils pouvaient attendre des syndicats, si Teleperformance arrivait – malgré leur unité – à les fouler aux pieds aussi facilement…
Déjà, Teleperformance avait allumé le brasier en envoyant ses courriers de mutation, espérant sans doute des débordements, ou que la résignation l’emporte…à l’usure.

Après la décision de Justice du 22 septembre, la direction avait la possibilité de se remettre en question : l’ordonnance du Juge lui a juste demandé de remplir ses obligations légales (en consultant les CHSCT) et de présenter un nouveau projet.

Au lieu de revenir avec un projet économiquement argumenté, pour expliquer enfin comment ils comptaient servir les intérêts de l’entreprise sans pour autant écraser les salariés, Teleperformance n’a rien trouvé de mieux … que de nous resservir le même plat :
-    démantèlement de ces centres de contact qui assurent depuis plus de 10 ans l’assistance pour le N°1 des opérateurs français : France Telecom – Orange,
-    suppressions totales de certains postes et services qui font la « valeur ajoutée » de l’entreprise…sans lesquels certaines activités ne pourront plus tourner correctement,
-    licenciement massif pour ces centaines de salariés qui ont permis à Teleperformance d’atteindre et de conforter sa position de « leader » incontesté des centres d’appel.

Dans ce projet du 19 octobre, les salariés sont-ils mieux traités ? Non, c’est toujours le même mépris, les mêmes formes de chantage :
-    une mobilité forcée vers la province … ou bien un licenciement,
-    des salariés « triés » selon l’activité sur laquelle ils sont affectés, même si cette activité est vouée à disparaître rapidement (The Phone House, Netgear, Motorola)

… et bien sûr, pour ceux qui sont mis à la porte, des indemnités et des mesures de reclassement à mille lieux de la santé financière florissante du Groupe, dont ni les comptes ni l’action ne semblent avoir été victimes de la crise financière depuis 2008.

Toutes ces mesures sont largement douteuses au regard de la Loi : c’est la raison pour laquelle le Comité d’Etablissement et son avocat Fiodor Rilov ont demandé de nouveau à la Justice de prononcer la suspension du Plan, un plan truffé d’irrégularités.

L’audience a eu lieu le 10 décembre 2009
Et déjà, le 4 décembre, la direction a trouvé 3 syndicats pour signer un accord qui lui permettrait de fuir ses responsabilités face à la Justice et de mettre en œuvre cette destruction arbitraire de nos emplois.
Un coup de poker manqué, car la majorité constituée par les syndicats SUD, CGT et CFTC s’est opposée à la mise en œuvre de ces accords qui sacrifiaient la majorité des salariés touchés par le projet (toujours sous la menace de mobilités forcées), et ne permettaient un réel « volontariat » qui pour une minorité.

Dès le 25 novembre, le syndicat SUD avait demandé la poursuite des négociations, et l’organisation de nouvelles réunions : la direction n’a même pas répondu, préférant discuter hors de toute réunion avec des partenaires qu’elle estimait sans doute plus dociles et moins vigilants face aux pièges qui émaillent chacun de leurs textes, et qui avalisé ce premier accord.
Teleperformance n’a pas voulu mener des négociations pour sortir de la crise et trouver de vraies solutions : ils cherchaient juste un moyen d’éviter d’être frappés par l’épée de la Justice.

Le 10 décembre lors de l’audience, le Juge, plutôt favorable à une solution négociée, a proposé une médiation judiciaire : pendant les 3 semaines de médiation – malgré tous les arguments rationnels avancés par les membres du CE et les représentants des 3 syndicats plaignants (CFTC, CGT et SUD) – la direction a toujours refusé de revenir sur un plan rendu obsolète par l’évolution économique de l’entreprise :
-    Teleperformance continuera pourtant d’assurer pendant au moins 3 ans l’assistance Internet et Mobile pour France Telecom – Orange (déjà en France et en Tunisie, et peut-être bientôt au Maroc),
-    Teleperformance en rachetant TPH-ST en 2008 n’a même pas réussi à conserver le contrat historique The Phone House sur lequel travaillaient certains salariés depuis des années, mais ils maintiennent toujours qu’il faut « relocaliser cette activité –et ses salariés) à Guyancourt » comme elle l’avait prévu en Juin… alors qu’elle n’existera plus ! De même pour Netgear et Motorola qui se sont arrêtés à Pantin.
-    Teleperformance, après avoir supprimé la marque Techcity Solutions, prétend abandonner le développement des outils et de l’expertise qui permettent aux hotlines  d’assurer la qualité de leur assistance technique … alors qu’ils le proposent encore tous ces services dans leur catalogue (lien vers site Teleperformance : http://www.teleperformance.fr/index.php?pid=25 ).
-    Teleperformance refuse même de prendre en compte le simple fait que de nombreux salariés ont quitté l’entreprise depuis juin, et de remettre à jour en conséquence le nombre d’emplois qu’il leur resterait à supprimer.

Après tout, la Loi dit - paraît-il - qu’un entrepreneur peut faire ce qu’il veut de son entreprise !
Peut-être, mais chez Teleperformance, ça veut dire juste un immense gâchis !

Ce n’est pas parce qu’ils « se tirent une balle dans le pied » que c’est à nous de payer !
Pendant la médiation et toutes les négociations, il était aussi hors de question pour la direction d’augmenter notoirement les indemnités malgré les moyens considérables du Groupe : s’ils veulent absolument mettre les gens dehors, ils doivent réellement réparer le préjudice subi !
Car nous ferons tous face à la précarité demain. Pour beaucoup ce sera « petits boulots après petits boulots » et le chômage ne fait qu’augmenter.
La médiation n’a donc pas abouti, et une nouvelle audience a eu lieu le 14 janvier : le Juge indiquant qu’il rendrait sa décision « sous quinzaine » sur le PSE dans sa version du 19 octobre…

C’est cette décision du Juge des Référés du Tribunal de Grande Instance de Paris que les salariés attendaient ce jeudi 28 janvier… pas une signature « dernière minute » de 4 syndicats effectuée le matin même !
Teleperformance a même réussi, par un second accord, à obtenir un « chèque en blanc » de ces  syndicats pour procéder à 110 suppressions d’emplois supplémentaires.
Quand on sait que l’employeur a refusé - en dépit du bon sens - de remettre en cause l’organisation de sa restructuration, ciblée par activités, alors même qu’il savait parfaitement que certaines activités allaient cesser… c’est maintenant l’ «entrepreneur – Teleperformance» qui  demande aux « partenaires sociaux » de l’aider à rafistoler son Plan et à valider ses justifications économiques… c’est vraiment le monde à l’envers !
 
C’est à l’employeur de faire face à ses propres  responsabilités et de fournir du travail aux salariés qu’il emploie dans ses centres. Avec 1000 intérimaires en France et des services délocalisés en masse en Tunisie, ça ne devrait pas être si difficile...

« Limiter la casse », pour ces syndicats-là, cela a toujours été leur conception du syndicalisme : « on ne peut pas empêcher le patron de faire ce qu’il veut, essayons donc qu’il le fasse, juste, un peu plus proprement »
A la rigueur ce serait vraiment ça, on pourrait comprendre…
Mais permettre au patron de supprimer plus d’emplois en n’obtenant aucune justification économique, ni aucune garantie en échange… Alors là « Chapeau » Mr Le Mauff, vous les avez bien baladés ! Qu’ils ne viennent plus nous dire qu’ils agissent en « syndicats responsables » lorsqu’ils procèdent ainsi…

Quand on sait que – maintenant - la signature de quelques syndicats permet de déroger à la Loi, une telle manœuvre de la direction le jour d’une décision de Justice laisse vraiment songeur…

A lire aussi :
- Une direction de Teleperformance incapable de dialoguer avec les salariés mais qui compte sur l’usure pour les faire taire !
Publié dans : TP Centre Est - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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