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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 08:18

 



 


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Les deux excellents documentaires sur « la mise à mort du travail » diffusés par France 3 (lundi 23 et mercredi 25 octobre http://www.veoh.com/users/fullhdready ) n’ont pas pu tout aborder. Pourtant quelle leçon : ils démontrent par une enquête étalée sur trois ans les ravages du management, de la recherche de productivité maxima, de la précarité, quitte à soumettre les salariés à des humiliations, des blessures morales et physiques dégradantes. C’est par tous les bouts que les sarkozystes rognent le droit du travail et la dignité des salariés.


Il ne passe pas un jour sans qu’un droit soit retiré. Un coup, ils attaquent de façon obscène le fait que les (trop) faibles indemnités des accidentés du travail ne soient pas imposées. Un autre jour, en plein épidémie de grippe, ils décident de ne pas payer un 4° jour de « carence » pour les salariés malades. Une autre fois, ils veulent imposer les tickets restaurant. Ils ont même envisagé d’imposer les « chèques vacances ».


J’ai, ici, traité de l’incroyable projet du Medef de tuer la médecine du travail : en pleine irruption des études sur le stress, les accidents cardiaques et vasculaires, les suicides au travail (dont seulement 1 sur 3 est reconnu comme accident) il ose proposer la disparition de la seule spécialité médicale liant la santé et le travail. Tous les syndicats ont fort heureusement refusé de signer ce texte du Medef qui devrait donc être mort-né après 9 mois de gestation. Mais sorti par la porte, il revient par la fenêtre : le ministre Darcos annonce vouloir reprendre le texte avec la majorité UMP.


La « mise à mort » du travailleur, j’en ressens les effets, comme tous mes collègues, dans nos permanences bi hebdomadaires à l’inspection du travail et dans nos visites d’entreprise, un travail de Sisyphe.


Tenez ce jeune homme de 20 ans que sa maison d’intérim « P » envoie le 23 octobre pour le compte d’un sous traitant « V » faire le manœuvre dans les travaux qui se déroulent à l’Opéra comique. Il arrive sur ordre de la veille, à 7 h 45, directement de chez lui, il prend le boulot à 8 h, on lui donne illico à transporter de gros panneaux lourds avec un autre intérimaire et un ouvrier de « V ». Les trois ne se connaissant pas, n’ont pas l’habitude de bosser ensemble, dans l’escalier tournant ils n’ont pas les bons gestes, le panneau tombe à 10 h 05 sur le pied du jeune homme… qui n’a pas de chaussures de sécurité. Son orteil gauche est écrasé gravement, cinq heures à l’hôpital, arrêt de travail. (éventuellement indemnisé, pas à plus de 80 % et qui sera imposé).


« Mais, ils ont tous des chaussures de sécurité, on leur en donne à tous » affirme déjà le patron de « P » qui s’apprête déjà à rejeter sur la responsabilité sur le jeune homme. « Oui, je prends des intérims, je ne fais pas faire ces boulots de manœuvres par mes compagnons » dit le patron de « V ». « On ne savait pas qu’il était intérimaire, ni qu’il n’avait pas de chaussures » dit le responsable d’Opéra comique qui n’a traité qu’avec « V » pas avec « P ». Travail précarisé pour raisons de profit. A petit niveau comme à grande échelle : tous les jours pour qu’en haut la « marge augmente ». Jusqu’à ce que ça explose.


Gérard Filoche

 


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