Mercredi 9 septembre 2009
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Centres d’appels . L’intersyndicale demandait hier au tribunal de suspendre le plan social prévoyant 500
suppressions d’emplois en France.
« Ce qu’on attend de la justice, c’est qu’elle stoppe le massacre », expliquait hier Salim
Baba-Aissa, jeune salarié de Teleperformance sur le site de Pantin et délégué FO. Le « massacre » en question, c’est le plan social décidé à la mi-juin par la direction du géant
français des centres d’appels. Malgré de bons résultats financiers, le groupe, qui emploie 8 500 salariés en France, a décidé d’en supprimer près de 500, essentiellement sur les sites
franciliens de Pantin, Montigny-le-Bretonneux et de Paris 15e arrondissement. Une partie par plan social classique, une autre par propositions aux salariés de « mobilités »
inacceptables vers des sites distants de 100 ou 200 kilomètres, qui déboucheront aussi sur des licenciements pour refus de mutation.
Après plusieurs journées d’action bien suivies au cours de l’été, une centaine de salariés ont manifesté hier, place du Châtelet à Paris, non loin du palais de justice où les juges examinaient
la plainte en référé de l’intersyndicale CGT-FO-SUD-CFTC et du comité d’entreprise Teleperformance Centre-Est (la branche concernée par le plan social), en vue de suspendre la procédure.
L’intersyndicale a fait valoir que la direction, pressée d’avancer dans ses coupes sombres, n’avait pas attendu l’avis de ce CE, ni consulté les CHSCT des sites. La décision sera rendue le 22
septembre, tandis que l’audience sur le fond - le motif économique et le contenu social du plan - se déroulera le 1er décembre.
Une suspension du plan apporterait de l’oxygène aux téléconseillers qui viennent de recevoir les lettres de la direction leur donnant un mois pour se prononcer sur une mutation vers Orléans ou
Villeneuve-d’Ascq, près de Lille. « Dans certaines lettres, la direction dit que, si on ne répond pas, cela vaudra refus ; dans d’autres, cela voudra dire qu’on accepte. C’est
n’importe quoi ! » s’emportent des salariés de Pantin, pas dupes de ces fausses propositions de mutations. L’idée qui choque le plus, c’est que le groupe Teleperformance licencie
alors qu’il fait des bénéfices. Malgré la crise, son résultat net au premier semestre 2009 s’est élevé à 53,4 millions d’euros, à peine en deçà des 56,4 millions du premier semestre 2008.
« La direction veut se débarrasser des sites d’Île-de-France, où les loyers sont chers, pour aller en province ou au Maroc, où elle va ouvrir un nouveau centre d’appels », déplore
Marie-Claude Ricker, déléguée CGT sur le site de Montigny.
(Fanny Doumayrou - L'Humanité)
Publié dans : Revue de presse
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