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Les salariés de Teleperformance devant le Novotel
RUDY TRENTE-TROIS ANS,
CONSEILLER CLIENTÈLE, HUIT ANS D’ANCIENNETÉ CHEZ TELEPERFOMANCE
« La proposition d’aller travailler à Orléans, c’est un licenciement déguisé. Au centre d’appels de Montigny, nous sommes payés au SMIC alors que là-bas le salaire est bien moindre, autour 900 euros. Et en plus, aucun accompagnement pour le transfert n’est prévu. À cela s’ajoute le fait qu’Orange est le principal client de Teleperformance. Si le contrat n’est pas reconduit en septembre, ce sera aussi la porte qui nous attend. La porte justement, c’est l’autre proposition de la direction, un licenciement avec des indemnités qui représentant 1/5e du salaire : 250 euros, ça nous fait bien rire ! Teleperformance justifie la faiblesse de ces sommes par le fait qu’en Île-de-France, il serait plus simple de retrouver un emploi. Il n’y a vraiment aucun respect de la part de la direction. Teleperformance délocalise au Maroc ou encore dans des autres régions en France car ils savent qu’ils toucheront des subventions des collectivités locales. »
SANDRA, TRENTE ET UN ANS,
CONSEILLÈRE CLIENTÈLE, SEPT ANS D’ANCIENNETÉ
« Les conditions de travail sont tellement dures que Teleperformance a perdu son label social, ce qui est un problème majeur car Orange, principal client, ne traite qu’avec des entreprises portant ce label. C’est du flicage tous les jours ! Nos conversations sont écoutées aléatoirement, les critères pour les primes sont arbitraires et même nos pauses sont chronométrées. Du stress en continu. Nous ne pouvons pas librement communiquer avec le client au téléphone car nous devons suivre une procédure et nous sommes notés sur le respect du suivi de la charte : on doit être des robots. Il faut même posséder neuf mois d’ancienneté pour pouvoir manger à la cantine ! Et fini les 35 heures, la direction veut nous imposer des semaines de 40 heures avec des horaires tardifs, des heures supplémentaires non rémunérées : pour ceux qui ont des enfants, on fait comment ? »
MARIE-CLAUDE, SOIXANTE-CINQ ANS,
SERVICE DES RÉCLAMATIONS, SEPT ANS D’ANCIENNETÉ
« Je suis vraiment inquiète pour l’avenir car j’ai l’âge de la retraite et retrouver du travail relève d’une mission quasi impossible pour moi. Je ne pourrais pas être recasée ! Ma retraite serait insuffisante et je veux rester dans un contexte social et actif. J’ai déjà été six ans au chômage et je ne veux pas réitérer cette expérience. La situation actuelle est aberrante ! La direction nous a toujours fixé des challenges et on les a toujours relevés avec succès. Mais elle a abusé. Compétitivité et encore compétitivité, on s’est retrouvé devant des objectifs irréalisables et des conditions de travail toujours plus invivables. Teleperformance aurait dû être un espoir pour nous, mais ça c’est transformé en cauchemar. Il faut toujours plus de rendement, et même si le chiffre d’affaires du premier semestre a augmenté de 7,6 % et s’élève à 946 millions d’euros, ils trouvent quand même le moyen de nous licencier ! »
(Source l'Humanité)
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