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Le syndicat Sud PTT a été crée en 1989 dans les PTT (Poste et France Télécom) par un certain nombre de militants
exclus de la CFDT. Leur volonté était de pratiquer un syndicalisme basé sur la transparence et la démocratie.
Près de deux cents salariés de Pantin, de Montigny-le-Bretonneux dans les Yvelines et même de Reims dans la Marne ont
manifesté, hier matin, rue Firmin, dans le XVe arrondissement à Paris. Et scandé des slogans hostiles sous les fenêtres de leur direction, la société Téléperformance, sous-traitant pour le
service clientèle de France Télécom et Orange principalement « Après être rachetés, on est licenciés », déplore un leader syndical de la CFTC, un micro à la main. En cause : l'annonce par la
direction de la fermeture des sites de Pantin et de Montigny-le-Bretonneux, la suppression de 157 postes dans l'encadrement et le reclassement tle 318 autres employés franciliens du groupe à
Villeneuve-d'Ascq dans le Nord et à Orléans dans le Loiret.
PARIS, XVe, RUE FIRMIN-GILLOT, HIER MATIN.
Les salariés de Téléperformancesont allés manifester devant le siège de leur société.(LP/M -P B
)
« Un plan social déguisé »
Ce débrayage voté par l'ensemble des syndicats du groupe était organisé au moment où se tenait un comité d'entreprise
avec à l'ordre du jour la restructuration de la société. Celle-ci a doublé ses effectifs en cinq ans dans toute la France, passant de 4 000 à 8 000 salariés, mais a réduit sur la même période ses
employés en région parisienne, les faisant passer de 2 300 à 900 salariés. « Nous refusons la fermeture du site de Pantin et encore davantage les reclassements proposés dans le Nord qui ne sont
qu'un plan social déguisé », explique Eric Duffaut, délégué de SUD, salarié à Pantin.
Sur les portes vitrées de l'entrée du groupe, le syndicat SUD a placardé des pancartes qui caricaturent la direction. «
Guyot patron voyou! » s'égosille un délégué. « Nous ne sommes pas des salariés jetables et déployables à merci », s'insurge une opératrice CFTC qui gère les appels commerciaux. Elle gagne 1 200
€ net par mois. « Stop au reclassement ! J'ai des collègues qui en cinq ans ont commencé à Montreuil, ont été transféré à Pantin pour finir àGuyancourt dans les Yvelines. Quant à moi,
j'effectue tous les jours trois heures de trajet pour aller travailler », explique Sonia Porot, délégué CGT à Montigny.
C'est en partie ces situations qui poussent la direction à délocaliser en province et ailleurs. « Le bassin d'emploi est
meilleur. Il y a davantage de candidats. Les salariés vivent près de leur lieu de travail. Les coûts des bureaux sont moins élevés. Du coup, on investit davantage dans les outils de travail »,
explique Jean-François Guyot « Nos clients travaillent désormais exclusivement avec des prestataires en région », précise encore le patron de Téléperformance qui envisage également de
s'installer au Maroc.
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