Samedi 28 février 2009
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En décembre 2004, Jean-Louis Borloo annonçait la mise en place d’un « Label Responsabilité Sociale » pour tous les centres d’appels intégrés et sous-traitants. // Le groupe TP a perdu l’automne
dernier ce label. // Depuis, vexé, l’animal a décidé de claquer la porte du comité de labellisation. // La filiale TPH-ST a même rendu son label tellement que notre cher PDG Guillot est furax. Pire, le roi des centres d’appels a même quitté le syndicat des patrons pour
montrer qu’il n’avait besoin de personne. // Pour rappel ce label distingue les opérateurs et sous-traitants respectant un code de “bonne conduite sociale” (procédures de recrutement, pratiques
de formation initiale et formation continue, conditions de travail, conditions d’achats des prestations).
Redorer l’image...
La création du “Label Responsabilité Sociale” initié par l’AFRC (Association Française des Relations Clients)
sous l’égide du ministère de l’emploi, n’a qu’un but : pallier au déficit d’image du secteur. Cette charte des meilleures pratiques dédiée aux centres d’appels n’a qu’une fonction attractive.
Dans le détail, le précieux sésame s’obtient en respectant trois critères : 1) d’abord, les pratiques en Ressources Humaines (préalables à l’embauche, procédures d’accueil et d’intégration, suivi de carrière, intégration des handicapés, baromètre social, développement de
l’employabilité...); 2) ensuite, la politique de formation ; 3) enfin, les conditions de travail proprement dites (évaluations des risques, respect des codes déontologiques sur la protection de
la vie privée, éclairage, chauffage, temps de pause, espaces de repos, équipements téléphoniques, ergonomie du poste de travail...).
Autrement dit, il faut tout simplement respecter les lois et faire preuve de talent de négociateur ! A la
lecture des critères, on se demande déjà comment TP a pu l’obtenir une fois ! Comment les centres de Phone house ont pu l’obtenir quand on sait le climat qui y règne ? Alors pour une fois que le
comité de labellisation ne donne pas son précieux diplôme n’importe comment... cela ne fait que démontrer quel est le niveau anti-social développé par TP, car même des entreprises comme B2S ou
Sitel ont réussi à l’avoir. Et pourtant…
S’acheter une bonne conscience !
Les patrons des centres d’appels désirent avoir ce label pour pouvoir se vanter de leur “côté” social. Alors
que TP se mette à bouder d’un coup parce qu’il n’obtient pas le label, nous paraît plus que grotesque. Par contre son jugement sur le manque d’impartialité du label ne nous paraît pas dénué de
sens. Mais à notre avis, le problème ce n’est pas que TP ai perdu ce label, mais bien plutôt que d’autres puissent l’avoir en développant une politique où les CDD sont la règle, où les salaires
n’ont pas été réellement augmentés depuis des années, où le turn-over est toujours aussi présent...
Dans la dégradation du social, une lourde responsabilité est portée par les donneurs d’ordre qui imposent des
conditions de plus en plus dures pour leur propre personnel mais également aux entreprises sous-traitantes.
Ils sous-traitent pour augmenter leurs profits sans se soucier de la qualité des emplois et du niveau des
garanties collectives.. Les donneurs d’ordres comme les entreprises sous-traitantes sont tous d’accord pour continuer à dégrader les conditions de travail des salariés tout en s’achetant une
bonne conscience par le biais du label social. Orange qui est le premier donneur d’ordre en France dans notre métier vient d’obtenir ce label.
Comme quoi tout ceci n’est qu’une immonde blague. Pour revenir à TP, cela nous semble juste qu’il perde le
label ; mais comme B2S ou d’autres n’auraient pas dû l’obtenir. Car comment croire qu’une entreprise qui licencie sans arrêt, qui ferme des centres sans arrêt, qui délocalise sans arrêt sa
production en Tunisie ou dans d’autres pays dans le simple but de gagner toujours plus sur les salaires ... puisse avoir un label dit “social”.
Alors pour nous tous, le cinéma de TP sur le fait de quitter le syndicat patronal SP2C, de multiplier les
communiqués de presse expliquant qu’il désire obtenir la norme AFAQ 1000NR est grotesque et démontre le côté “maître du monde” de notre direction. Si au moins TP pouvait être le maitre du
social... Il y a une seule chose qu’ils ne sont pas capables d’être, c’est être tout simplement social pour ceux qui travaillent…
Pour de vraies avancées sociales, une vraie politique sociale serait largement plus parlante que toutes
ces normes : des CDI à temps plein, respect du code du travail, faible taux de turn-over, salaires convenables, nombre de prud’hommes en baisse régulière...
N’est ce pas plus réel qu’une norme?
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